Chapitre précédant 
 

Image : Google

Jean-Eudes, éternellement suspicieux, laissa Semenyo cogner plusieurs fois à la porte, avant de demander l’identité du visiteur. Ce dernier avait les bras chargés de jus de soja, et d’eau gazeuse, apparemment les seuls liquides tolérés par le frêle corps de l’informaticien. Ils s’échangent quelques blagues avant que Jean-Eudes ne referme la porte. Ce n’est qu’une fois assis que Semenyo se rend compte de la présence d’une autre personne, allongée sur un petit matelas, quelque part au fond de la salle. Jessica était à moitié nue, couvrant négligemment le haut de son corps par ses bras. Le temps de se retourner, il surprend Jean-Eude essayant de refermer la braguette de son jean saumon salit par un abusif usage.

  • Mais, Jean, je te dérange, apparemment.
  • Non, je ne faisais rien.
  • Tu n’es pas seul, c’est pour…
  • On a besoin d’être seul pour ne rien faire ?
  • C’est bon laisse tomber, fit Semenyo d’un ton amusé. Il reporte son regard sur Jessica qui demeurait toujours allongée.

 
Jean, visiblement gêné, retourna s’installer sur sa chaise de travail, en essayant de balayer du regard tous les écrans allumés sur la table. Il attendit quelques minutes, avant de rappeler à Semenyo l’objet de sa convocation. Celui-ci n’avait d’yeux que pour Jessica, et ses fameuses courbes délicieusement mises en exergue sans grands efforts.

  • Demoiselle, je m’appelle Semenyo. Comment vous allez ?
  • Enchanté, tu peux me tutoyer, dit-elle, sur un ton volontairement enjoué. Moi c’est Jessica.
  • C’est donc toi qui a le don de tuer les hommes avec tes fesses. J’avoue que je n’en doute plus, une seule seconde.
  • Ah oui ?
  • Ah non, coupa sèchement Jean-Eudes, de plus en plus irrité.
  • Mon frère, moi j’ai envie que Jessica me tue avec ses fesses. Tu as un problème avec ça ?
  • Non, mais vous me déconcentrez, reprit-il.
  • Jessica, reprit Semenyo, tu veux bien me tuer, et aider mon ami à se détendre ? Cela nous aidera à être plus efficaces.
  • C’est ce que je lui faisais quand tu as sonné.
  • Toi ta gueule, fit Jean-Eudes quelque peu honteux.
  • Je comprends tout. Bref, hâtons-nous.

Sur ce, Semenyo se dirigea vers le matelas où gisait Jessica, en ôtant sa ceinture. Jean-Eudes, étonné par cette entreprise, se contenta de regarder, depuis sa chaise. Semenyo ne semblait pas fatigué par les exercices auxquels il s’était livré, une demi-heure plus tôt. Il se posta devant Jessica, jambes écartés, qui se hâta de se mettre sur ses genoux, histoire de positionner sa bouche à la bonne taille. Jean-Eudes essaya de réprimer ses envies, de reporter son attention sur ses écrans, mais les soupirs que Semenyo se mit à pousser lui rappelèrent l’exquise sensation que lui donnait la même bouche, quelque minutes auparavant. Il prit une bouteille de lait de soja, pour se désaltérer, et s’occuper. Vaine tentative. Semenyo se plaçait déjà derrière Jessica, en lui faisant cambrer sa hanche. Au diable, les bonnes résolutions. Jean-Eudes bondit de sa chaise, le pantalon déjà au talon, le sexe pendant comme le margouillat perché haut sur un mur au soleil, soulevant la tête à la gloire du Grand Architecte de l’Univers. Il prit bientôt la place de Semenyo, devant Jessica, alors que Semenyo, lui, s’introduisait lentement dans les entrailles de celle sur qui pèse, la mort de Monsieur Aristide.
A peine Jessica toucha le gland de Jean-Eudes que de violents coups furent donné à la porte d’entrée.

  • Boboboboboboboé, fit le geek dépité par tous ces obstacles à sa jouissance. C’est qui, hurla-t-il vers la porte.

Le silence qui répondit à son injonction l’agaça encore plus. Semenyo ne se semblait se soucier des bruits alentours. Les yeux fermés, les deux mains tenant fermement les hanches de Jessica, le bas de la chemise retenue par le menton contre la poitrine, il jouissait consciencieusement de l’instant présent, allant et venant en de profonds en réguliers coups de reins. Jean-Eudes tenta de remettre son membre dans la bouche ouverte de la pute, qui, gémissant sous celui qui la possédait, avait les dents serrées. Les coups à la porte repartirent de plus belle.

  • C’est qui ? C’est qui ? Réponds ou meurs, conclut Jean-Eudes qui comptait bien profiter aussi de cet instant.
  • C’est David, tu es sourd ou quoi ?
  • Je n’ai plus soif. Va-t’en.
  • Parce que tu baises Jessica ? Viens ouvrir quand même, fit la voix aigrelet de David qui, chargé de bouteilles, regardait derrière lui pour s’assurer d’être seul.

Jean-Eudes se libéra de la délicieuse étreinte buccale de Jessica pour ouvrir rapidement la porte au nouvel arrivant qui semblait ne manifester aucune gêne quant à l’activité en cours. Il ferme la porte derrière lui, et se hâta de rejoindre le pauvre matelas où Semenyo pilonnait sérieusement Jessica, désormais à genoux. Quoi ? Oui ils étaient debout tantôt, ne faites pas comme si vous n’avez jamais essayé cette position, devant un miroir.
David se posa sur la chaise qu’occupait Jean-Eudes, et admira le spectacle qui s’offrait à ses yeux, avec un léger pincement au cœur. Etait-ce de la gêne ? De la jalousie ? Du dégoût ? De l’excitation ? Ou un mélange de tout cela ? Il sortit une cigarette qu’il colla à ses lèvres, toujours en regardant Jessica, accroupie entre deux hommes.
Le temps d’allumer sa cigarette, Jessica se retourna, offrant désormais son orifice vaginal à Jean-Eudes, et happant le membre de Semenyo dégoulinant de cyprine, avec sa bouche. David pouvait voir le fin espace rosé séparant l’orifice anal du vagin. Il décapsula une bouteille qu’il but au goulot, aspira une bonne bouffée de sa cigarette, puis déboutonna son pantalon…
 

***

Derrière ses lunettes noires, Philomène regardait le curé asperger d’eau bénite le cercueil de son mari, placé au bord d’une tombe prête à se refermer sur lui. Au fond d’elle, elle se disait que même si Dieu était miséricordieux, il Lui fallait beaucoup d’effort pour accepter l’âme de son salaud de mari dans son royaume, si celui-ci existait. Elle avait même envie de rire. De rire de la vie qu’a mené cet homme. De rire d’elle-même. De rire de tous ces officiers présents à l’enterrement. De rire des pleurs de ses enfants. De rire du sort qu’elle réservait à celle qui était responsable de la mort de son mari. De rire de ce qu’elle s’apprêtait à mettre en branle.
Nous sommes un Samedi. Trois semaines après la mort d’Aristide…
Comme l’exige la coutume, Philomène s’en retourna sous l’apatam serrer les mains des personnes s’étant déplacées pour la mise en terre de son imbécile de mari. Elle avait hâte de quitter cet endroit emplit aussi bien d’hypocrites que d’amis sincères. Sous ces regards attristés et ces poignées de mains fades, difficile de savoir qui riait de la mort de son mari, et qui en était meurtri. Un homme comme Aristide faisait difficilement l’unanimité. Non seulement à cause de son tempérament, mais aussi à cause du poste qu’il occupait. Difficile de croire en un quelconque sourire, quand elle se rappelle de l’empoisonnement dont fut victime son mari, à une époque où ils pensaient que tout rire était franc. A cette époque, elle était encore très amoureuse de son mari.
Une fois la maison endormie, Philomène prit une des voitures appartenant à son mari, sans le chauffeur, pour se rendre à la Concorde, un nouvel hôtel en périphérie de la capitale, où l’attendait Siriki.
Philomène est une femme petite de taille, mais grande de personnalité. Elle était à peine plus haute qu’un frigo de chambre, mais ses fins traits, et son tempérament calme faisaient d’elle un personnage redoutable. Relativement discrète, elle a toujours été dans l’ombre de son mari, jusqu’à la mort de celui-ci. Tout porte à croire qu’elle compte bien revenir au-devant de la scène.
Cette nuit-là, elle n’était vêtue que d’une ample et longue tunique blanche, avec un foulard comme le portent les femmes musulmanes. Du parking, elle se dirigea directement vers l’ascenseur sans passer par l’accueil. Il faut croire qu’elle connaissait les lieux.
Monsieur Siriki LOUGAH, attendait patiemment sur un sofa, dans un des salons privés de l’hôtel, une bouteille de vin devant lui. La faible luminosité de l’endroit soulignait quelque peu le caractère sombre du personnage. Son regard oscillait entre l’assiette d’olives vertes et la bouteille de vin. Plus tôt dans la journée, il était aussi au cimetière. Aristide était non seulement un ami, mais aussi un client.
Siriki se leva lorsque Philomène fit son entrée, pour lui baiser la joue. Il allait se rasseoir mais la nouvelle arrivée le retint contre elle, et l’embrassa langoureusement sur la bouche. Il en eut le souffle coupé, et ses sens à fleur de peau. Il ne put s’empêcher de porter une main baladeuse dans le creux des reins de la dame. Philomène desserra l’étreinte, et se servit une bonne dose de vin, qu’elle finit d’un trait. Siriki la désirait, elle en est parfaitement consciente. Mais il fallait le tenir en bride, afin qu’il serve à quelque chose. Tout est question d’intérêt.

  • Tu as sacrément soif, Phil, fit Siriki.
  • J’ai soif de tellement de choses, si tu savais, répondit-elle en s’enfonçant dans le canapé, en face de son interlocuteur.

Siriki s’assit, puis sonna la serveuse pour commander une autre bouteille de vin. Il reluqua Philomène dont les formes étaient cachées par la tunique qui flottait carrément, et ne pouvait s’empêcher d’imaginer son corps au-delà de ce tissu. Oh ciel ! Qu’il désirait cette femme !
Siriki LOUGAH, Responsable Coffres d’une des banques où Mr Aristide possédait plusieurs comptes, a toujours été attiré par cette dame. C’est le type de personne qui ne conçoit pas qu’une femme soit à la charge d’un homme, et qu’un homme accepte qu’une femme soit à sa charge. Depuis, il n’a eu de désir que pour une catégorie de femmes bien précise : deuxième versant de la trentaine, célibataire ou pas, cadres d’entreprises, politique, proche du pouvoir, riches.

  • Siriki, cher Siriki, continua Philomène, comment tu vas ?
  • C’est comme tu le vois. L’homme n’est rien, dit-il en rejetant son buste en arrière. Encore une fois, mes condoléances, et que…
  • Oh s’il te plaît ne recommence pas. Pas ici, pas maintenant. Et surtout pas toi, siffla presque Philomène, en vidant le reste de la bouteille de vin dans son verre.
  • Je suis sincère, pourtant…
  • Pourtant tu donneras tout pour baiser une veuve, cette nuit, avoue.
  • Je refuse de répondre à cette question.

La serveuse apporta un sceau plein de carreaux de glaces, au milieu desquels trône une bouteille de vin. Lorsqu’elle sortit, Philomène se leva et alla s’asseoir près de Siriki. Si près, qu’elle pouvait percevoir son pouls qui accélérait. Elle lui prit une main et la fit glisser sous sa tunique. Siriki ferma les yeux lorsque ses doigts touchèrent le très léger duvet qui ornait le haut du pubis de Philomène. Machinalement, il fit introduire un doigt dans l’orifice de la veuve, et voulut l’embrasser. Philomène détourna la tête et Siriki respira bruyamment. Philomène contracta volontairement ses muscles vaginaux autour du doigt de Siriki, qui s’emballa.

  • Tu as envie de moi, n’est-ce pas, souffla Philomène dans le creux de l’oreille de Siriki.
  • Mwoouii, grommela-t-il, en faisant mine d’ôter sa ceinture.

Philomène retira la main de Siriki, puis retourna s’asseoir à sa place, en face de lui. Ce dernier avait toujours les yeux fermés, et porta son heureux doigt à hauteur de ses narines, pour humer l’intimité de l’objet de sa convoitise. Philomène le regardait, amusée :

  • Ça va, demanda-t-elle, mesquine ?
  • Comme tu le vois, l’homme n’est rien.
  • Tu n’es rien, nuance ! Tu n’es rien, Siriki, trancha-t-elle ?
  • Comment ça, balbutia Siriki, en ôtant le doigt de… sa bouche.
  • Tu es plein de potentiel, mais tu croupis comme responsable coffre dans cette banque. Te sens-tu utile à toi-même ? Te sens-tu au top de tes performances ? Es-tu fier de toi-même ?
  • Philomène, je ne te permets pas ce ton…
  • Tais-toi et écoute-moi, Siriki !
  • Non, toi tais-toi et écoute moi, femme ! Tu n’es rien sans ton mari, sans l’empire que ton mari a bâti. Toi Philomène tu n’as jamais rien fait de tes propres mains, tu n’es rien, sans le nom que tu portes, par alliance. Alors ne t’avise plus de me parler sur ce ton, Phil. Plus jamais.

Philomène se servit encore du vin, qu’elle but, lentement. A ce stade, l’alcool commençait par faire son effet. Elle avait les yeux qui brillaient, et le cœur qui battait.

  • Siriki, dit-elle lentement en regardant l’entrejambe de son interlocuteur, je dois dire que tu me déçois beaucoup.
  • Ça alors !
  • Ça n’a rien à voir avec la rapidité avec laquelle tu mouilles ton pantalon, crois-moi. Madame Firdaws est une très bonne amie. Je sais pour vous deux. Je sais pour toi et la Directrice Marketing. Je sais pour la décision qui t’a muté au Service Coffre. Et je peux t’assurer que tu n’as pas fini d’être puni. Au mieux tu démissionne, au pis, tu te suicide. Je sais que tu as trop de fierté pour te donner la mort, mais crois-moi ce qui se prépare contre toi est au-delà du supportable.

Siriki essayait de garder son calme. Mais son regard trahissait sa peur, et son désarroi. Philomène continua

  • Tu as du potentiel pourtant. Tu es un brillant juriste, pourtant ta situation n’est pas à la hauteur de ce qu’elle devait être. Et le pire, c’est que tu en es conscient. Et tu ne fais absolument rien pour t’aider toi-même. Ou du moins tu ne sais quoi faire.
  • Je ne sais quoi faire, Phil, avoua-t-il, battu par tant d’assurance dégagée par Philomène.
  • Je peux être une puissante alliée, si tu le veux, et si tu m’aides.
  • Dis toujours…

Philomène vida son verre, et s’enfonça à nouveau dans le canapé. Elle remonta sa tunique jusqu’à la poitrine, plaça une jambe sur la table basse, et lança un regard à Siriki :

  • Commence déjà par mettre ta langue dans ma fente !

Quelque peu interloqué par cette invitation expresse, il voulut se demander où est le piège, mais il n’en avait pas la force. La seule pensée qui lui traversa l’esprit avant de s’exécuter fut “qu’est-ce donc l’homme? ”