Crédit : Aphtal CISSE

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Chapitre précédent.

David pousse un juron avant de se lever. Si ça se trouve Jean-Eudes a raison. Et si tout va bien, d’ici une demi-heure, il pourra compter des liasses de billets. Une petite bouteille de sucrerie pour motiver le geek invivable ne pourra pas le ruiner.

Jean-Eudes profite de cet instant de solitude pour gribouiller quelques lignes de codes et lancer la discussion avec le fameux employé de banque.

Tête rejetée en arrière, front luisant à l’air offert, Semenyo, la trentaine naissante, savourait une consciencieuse fellation, lorsque son téléphone se mit à grésiller. Il n’avait pas pour habitude d’interrompre ces instants de plaisirs, pour des coups de fils de moindre importance. Il ferme à nouveau les yeux pour mieux saisir l’instant présent, mieux appréhender les va et vient de ces pulpeuses lèvres sur son membre, fermement tenu à sa base par de longs doigts entre lesquels glissait une visqueuse salive. L’autre main de sa partenaire qui caressait ses petits testicules achevait son plaisir. Affalé dans le canapé de cet appartement baillé et meublé hors de la ville, plus rien ne pouvait avoir de l’importance à ses yeux. Il laisse donc le téléphone sonner dans le vide…

Méticuleux, sérieux, et toujours réfléchi, il est difficile d’attribuer de quelconques écarts de conduite à Semenyo. Elégant, comme tout bon employé de banque, assidu à la messe et toujours présent aux réunions de comité paroissial, frugal, il n’avait pas l’air de vivre au-dessus de ses moyens. Le deuxième enfant que venait d’accoucher sa femme finissait de l’attendrir et de le retenir à la maison. Il ne tarissait jamais de conseils à l’endroit de jeunes de sa paroisse qui font leur premier pas dans la vie professionnelle, et dans la vie à deux. En tout cas voilà l’image que s’est forgé Semenyo.

Par ailleurs, Semenyo fait partie d’un réseau restreint ayant mis au point un système permettant de prélever de modiques sommes sur certains comptes bancaires, à chaque transaction. Cette pratique lui assurait, à lui et à ses comparses, de quoi s’offrir des caprices. Et tout ceci dans une légendaire discrétion.

Lorsque le téléphone se tut enfin, Semenyo reporta son regard sur le tableau que représentait sa maîtresse accroupie à ses pieds, lui offrant du plaisir avec les mains et la bouche. Reconnaissant, il se leva prit la place de la fille, en installant cette dernière dans le canapé duquel il venait de se lever. Il posa un baiser tendre dans le cou d’Erika, en huma les doux effluves qui s’échappaient de ses pores, avant de poser ses lèvres sur le gros téton durcit par l’excitation, fièrement dressé dans une large auréole légèrement plus foncée que le reste de la peau. Il ferma la bouche sur cet organe des seins, comme pour se ressourcer, se revigorer. Il dirigea lentement son visage vers le bas-ventre d’Erika, où sa langue se perdit dans un doux duvet pubien. Il n’y avait plus que son front qui oscillait de gauche à droite, présageant de l’appétissante occupation de la personne.

Erika était le péché mignon de Semenyo. Elle était sa chute quotidienne. Elle était ce qu’il a toujours voulu avoir : une femme disponible, soumise, humble, compréhensive, active et ouverte à toutes nouvelles pratiques sexuelles. Semenyo aimait sa femme, mais ne pouvait se passer d’Erika. . A chaque fois qu’il tournait la bague dorée à son annulaire, il ne pouvait s’empêcher de penser à Erika. Et à chaque fois qu’il était dans les bras de cette dernière, ses pensées s’envolent vers celle qui lui a accroché cette bague au doigt, et qui, humblement, l’attendait à la maison, avec leurs deux magnifiques enfants.

Semenyo ne prit son téléphone qu’après avoir joui pour la deuxième fois. Détendu, et avachi, il porta ses lunettes médicales avant de lire l’écran de son téléphone. Plusieurs appels manqués de Jean-Eudes, et un message l’empressant de le rappeler le plus tôt possible. Il continuait d’embrasser tendrement sa compagne pendant qu’il rappelait le numéro du geek.

  • Oui, Jean. Tu m’as appelé ?
  • Tu baisais ?
  • De quoi je me mêle ?
  • Tant que ce n’est pas ma sœur, fais-toi plaisir, fit Jean sur un ton rieur.
  • Pour ta sœur, ce n’est qu’une question de temps. Alors quoi de neuf ?
  • Une nouvelle affaire. Toi-même tu sais. Cette fois, on dirait que c’est du lourd.
  • D’accord. On se voit ce soir. Je passe chez toi ?
  • Oui, pourquoi pas ? A ce soir.

Il raccroche puis plonge à nouveau ses doigts dans les entrailles de celle qui, lovée à côté de lui, donnait tant et demandait peu.

Tenez, j’ai failli oublier.

L’épouse d’Aristide fut informée par le Directeur de l’Hôtel en personne, de la mort de son mari. Philomène, quoique bouleversée et meurtrie, resta digne et calme.

  • « Comment cela est-il arrivé ? » s’est-elle contentée de poser comme question.

Le premier responsable de l’hôtel, rapporta les faits tels qu’ils se sont produits, tout en évitant de mentionner les femmes de chambres. Il a su se montrer persuasif, mais il faut croire que Philomène est une femme pondérée, en soi. Qui a bu pu baiser ce salop à mort ? Elle connait la robustesse de son époux, son faible pour les nouvelles expériences ; mais de là à trouver la mort comme cela…dans l’entrejambe d’une pute…

Connaissant très bien les enjeux, elle ne fit aucun tapage. Elle récupéra tout simplement les effets du défunt, édulcora les circonstances du décès, informa quelques membres de la famille avant de placer son volage de mari à la morgue.

Le personnel de l’hôtel fut soulagé que l’affaire ne soit plus à leur niveau. Et surtout que l’affaire ne soit pas publique. Il n’est pas facile de se relever de scandales pareils. Le travail pouvait reprendre. Ce n’est qu’à la fin de la journée que le téléphone de Guillermo, Chef du Personnel de l’hôtel, sonne :

  • C’est madame Philomène. Il manque certaines choses dans les effets de mon mari.
  • Vraiment ? Comme quoi, s’enquit Guillermo, qui avait envie que cette histoire finisse le plus tôt.
  • Le téléphone portable de mon mari, par exemple. Et son porte-cartes. Sa tablette.
  • Madame, vous êtes sûre ? Parce qu’il y a ici tout ce qu’on a trouvé, en même temps que lui.
  • Puisque je vous le dis. Ecoutez, comme je vous le dis, ces effets manquent. Je ne les ai pas retrouvés dans sa voiture. Soit quelqu’un chez vous les a subtilisés, soit la guenon qui l’a tué les a avec elle. Dans les deux cas, je veux retrouver ces choses, et le plus vite.
  • Madame,
  • On garde contact. Bonne soirée, coupa tout simplement Philomène, désormais déterminée à tirer cette affaire au clair.